Noel 2006

N° d’ordre 1466

THÉODORE II

PAR LA GRÂCE DE DIEU, PAPE ET PATRIARCHE D’ALEXANDRIE ET DE TOUTE L’AFRIQUE

MESSAGE À TOUS LES MEMBRES DE L’ÉGLISE D’AFRIQUE À L’OCCASION DE LA VENUE DU SEIGNEUR

« Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous et nous avons vu sa gloire, cette gloire de Fils unique, pleine de grâce et de vérité. »

Frères en Christ,

Chers enfants bénis et bien-aimés,

            Le Verbe de Dieu, le Fils unique régnant sur tout et antérieur à tout, Dieu, prend chair et devient homme. Il habite parmi nous, les hommes, afin que nous voyions et que nous comprenions l’éblouissante grandeur de Dieu. Cette révélation divine à travers notre Seigneur Jésus-Christ, qui est la deuxième forme de la Sainte Trinité, a lieu pour la renaissance et le salut de l’homme et pour permettre à celui-ci de revenir dans les bras de Dieu et d’y trouver et saisir le but réel de sa création. Et parce que Dieu est amour, il invite l’homme à participer à cet amour.

            Mais l’homme moderne recherche-t-il et accepte-t-il l’amour de Dieu ? Et comment appréhende-t-il la signification de cet amour divin dans son amour envers son prochain et frère ? Malheureusement, un grand nombre d’hommes du XXIème siècle connaissent non pas de l’amour, mais au contraire l’isolement, la solitude et l’égoïsme. Même au sein de la cellule élémentaire de la société, qu’est la famille et le mystère béni du mariage, on remarque un éloignement, un vide spirituel et une rupture des liens familiaux. Les litiges, conflits, tendances et motivations égoïstes rendent malheureux les membres de la famille et surtout les petits enfants, dans l’âme desquels se fixent durablement le pessimisme et une vision négative de la vie. Dans le monde professionnel également, ce sont les concurrences déloyales, les calomnies, l’individualisme et la futile vanité qui sont la règle et non la concurrence loyale ou la culture du mérite. De façon générale, toute la vie sociale et l’activité humaine est caractérisée par un état d’anxiété, car l’homme s’est éloigné de l’amour de Dieu. Non seulement le malheur, la faim, le dénuement, la violence et les guerres ne sont pas condamnés activement, mais ils sont justifiés au nom de la liberté et même souvent au nom de Dieu, soi-disant protecteur des guerres et de la violence.

            C’est en vain que l’homme cherche à sortir de cette situation chaotique en recourant au progrès social ou économique, à la thérapie de l’esprit par des psychologues, à la psychanalyse ou aux médicaments psychotropes. La paix de l’âme et le vrai bonheur se trouvent là, où l’amour existe dans les cœurs des hommes. La paix et la concorde ne peuvent être réalisées par des accords, des traités ou des signatures, mais par leur enracinement profond dans les âmes de chacun d’entre nous. Cet amour, c’est la naissance du Dieu devenu Homme qui nous l’apporte ; c’est ce même amour que Dieu a scellé par son Sang vénéré. Le saint corps et le sang de notre Seigneur, auxquels nous communions lors de l’Eucharistie, nous unissent dans l’amour en Christ, dont les caractéristiques sont l’humilité, le sacrifice et le service inconditionnel et continu du prochain.

            Ici, sur le continent africain, qui constitue la juridiction du Patriarcat d’Alexandrie, nous avons près de nous des frères qui souffrent et qui attendent notre amour et nos soins ; ils attendent de tout chrétien orthodoxe qu’il leur montre pourquoi le Christ est né, pourquoi il s’est volontairement sacrifié, pourquoi il est ressuscité et comment nous mettons en pratique sa phrase « Aimez-vous les uns les autres ».

Mes chers frères et enfants bénis en Christ,

            En Prient constamment pour la paix dans le monde et pour votre santé, je vous souhaite du fond de mon cœur que le Divin Enfant de Bethléem vous conduise sur la voie de sa volonté et vous offre encore, pour la nouvelle année, sa grâce et sa riche miséricorde.

THÉODORE II

PAPE ET PATRIARCHE D’ALEXANDRIE ET DE TOUTE L’AFRIQUE

En la Grande Cité d’Alexandrie

Jour de Noël 2006